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En passant par l'Ukraine...    (23.07.2019 - 30.07.2019)

          Grâce à la diligence de Robert Wilhelm, président de l'ABSCVA de Porcelette, ce voyage a pu être organisé. Merci encore à lui ! Nous formions un groupe de 21 personnes, avides de découvrir ce pays. Des membres de l'AFU (association franco-ukrainienne pour la réhabilitation du charnier du Ban-Saint-Jean), heureux de côtoyer des Ukrainiens vivants, d'autres revenaient aux sources d'une épopée  familiale, d'autres encore étaient poussés par l'intérêt culturel.


       Tous sont rentrés, impressionnés par la richesse et la variété des tableaux proposés. Une semaine chargée qui nous a familiarisés avec les aspects historiques, géographiques et culturels du plus grand pays d'Europe. Ces quelques lignes présentent par touches des aspects manifestes marquants, mais il ne s'agit pas d'un résumé exhaustif. L'originalité a sans doute prévalu dans mon choix. Nous avons bénéficié de la présence de deux guides francophones expérimentées qui ont su à Kiev et pour le reste du séjour, nous rendre leur pays très attachant. Le passé et le présent monopolisaient leurs propos, elles ne s'aventuraient guère sur les plates-bandes du futur.

          L'Ukraine et ses contrastes : Voici Kiev, la capitale, berceau du pays avec la création de la « Rous » au 9ème siècle qui verra l'émergence de la Russie et de la Biellorussie. Prolifération des églises à bulbes d'oignon scintillants au soleil, les grandes places, bâtiments officiels à l'architecture stalinienne. Un marché très varié où des souvenirs de la guerre se négocient au prix fort : des livrets de soldats allemands, des sceaux, 30€ pour une boucle de ceinturon  affichant « Gott mit uns » . Beaucoup de monuments à la gloire des combattants.

          Les hôtels quatre étoiles, choisis par Robert, nous proposent gîte et couvert dans un cadre luxueux et des petits-déjeuners pantagruéliques : surabondance de produits sucrés ou salés, fruits et baies de la saison, du poulet ou du bœuf aux pâtes, des œufs à toutes les sauces, toutes sortes de yaourts et de pâtisserie, tout un éventail de charcuterie et de fromages locaux. J'aurai un faible pour les fines tranches de lard maigre fondant dans la bouche. Toute cette corne d'abondance en libre service sous l'oeil attentif d'un personnel féminin qui vous débarrasse de vos assiettes et de vos tasses avec le sourire...

          Les autres repas sont plus classiques : après les crudités, voici une bonne soupe aux fines senteurs, des boulettes de riz à la viande entourées d'une feuilles de chou, arrosées d'une sauce blanche aux champignons. Délicieux ! Un dessert ferme la marche. La bière trouve ses adeptes à un prix très abordable.

     Les rues des grandes villes sont pavées, passage des trams. Le confort des passagers du bus est souvent mis à mal par la présence de gros trous dans la chaussée. Des pavés sont parfois absents, non remplacés. Les routes aux abords des grandes villes sont lisses et bien roulantes. Mais ailleurs la situation est bien plus chaotique. Comme le trafic en rase campagne n'est guère important, le chauffeur zigzague pour trouver la meilleure trajectoire et maintenir une vitesse d'une quarantaine de kmh.       

         

         Une aubaine pour mieux disséquer le paysage. La moisson des blés est terminée, des champs de tournesols en fleur s'étendent  sur des kilomètres, une large bande de terrain le long de la route n'est pas cultivée et des plantes de toutes sortes y prolifèrent. Les routes sont bordées par des noyers qui forment une interminable haie d'honneur. On devine souvent des zônes humides qui attirent une multitude de cigognes. Elles repartent ensemble en automne. Un spectacle sublime, d'après notre guide. On est frappé aussi par toutes ces femmes qui se déplacent à pied, le long de la route, le fichu noué sur la tête. Près des habitations, des vendeuses ou des vieillards proposent pommes, baies, lait et autres produits. Il n'est pas rare de voir au bord du jardin, une petite chapelle orthodoxe privée, les habitants s'y recueillent au passage. Petit clocher en bulbe d'oignon, on croirait des champignons locaux. Parfois sur le bord de la route avance une petite charrette tirée par un cheval. Nous traversons les Carpates, une chaîne montagneuse pas très élevée mais très préservée. Elles abritent une minorité très active, les houtsoules, connus pour leur artisanat (broderie) et la variété de leurs instruments de musique. Visite d'un marché très pittoresque et très animé. La tradition des « Pysanka » perdure avec bonheur. Il s'agit d'oeufs peints avec beaucoup de minutie. Ils ont leur musée à Kolomya où 6000 œufs peints sont exposés dans un bâtiment en forme d'oeuf ! C'est le cadeau incontournable que se font les indigènes au moment de Pâques, l'oeuf symbolisant la résurrection et chargé de véhiculer le bonheur. Une technique très spéciale à base de cire d'abeille permet d'obtenir des scènes très détaillées. Le modernisme a introduit aussi des œufs en bois peints. 

                L'office du dimanche bénéficie d'un véritable succès. Les fidèles abondent, les églises sont remplies et beaucoup de personnes suivent l'office depuis l'extérieur où des bancs ont été installés. La sono leur permet de se repérer dans le déroulement de la cérémonie. Nous visitons plusieurs monastères : des havres de paix dans la nature, toujours dotés de leurs chapelles typiques, ornées de fresques, d'icônes, portées par la ferveur des fidèles. L'un d'eux voit affluer des pélerins munis de bidons. Ils recueillent l'eau qui jaillit dans les rochers et qui aurait des vertus bienfaisantes.

            La question religieuse est très importante dans le pays. On y retouve la communauté orthodoxe et les uniates (communauté gréco-catholique). Ces derniers dépendent de l' autorité du pape. Les orthodoxes ont obtenu en 2018 leur indépendance par rapport à l'Eglise de Constantinople. D'autres dépendent toujours de Moscou. Les chefs de ces églises sont les maîtres  à penser du peuple et les gouvernants essaient toujours de se concilier leurs bonnes grâces. Question très délicate.

             

  L'histoire de l'Ukraine nous apprend qu'elle a toujours été entourée de voisins...gourmands. D'où les annexions successives de certains régions frontalières au cours des siècles passés. Les Turcs (ou Ottomans) ont traîné par là, l'empire austro-hongrois des Habsbourg, les Polonais aussi, des Arméniens également. Présence de Lituaniens et de Roumains. Bref toutes ces autorités ont annexé pour des périodes plus ou moins longues certaines régions frontalières et ont laissé des traces dans l'architecture actuelle. Telle ville est toujours dotée d'un minaret très élevée, mais à son retour dans le bercail, les indigènes ukrainiens ont installé à son sommet une statue de la Vierge qui domine désormais toute la ville. Ailleurs on a tenu à placer une étoile au-dessus du croissant. A Lviv, au centre ville, on passe du quartier arménien, au quartier polonais, au quartier autrichien et au quartier juif dont il ne reste que des plaques commémoratives. Les juifs, longtemps tolérés en ville et formant une communauté florissante, ont subi des pogroms et 800 000 disparaissent pendant la dernière guerre. Le massacre de Babyn Yar où  30 000 juifs ont été massacrés par les nazis près de Kiev au bord d'un ravin en une seule journée , est entré dans l'Histoire.

                Lénine intègre l'Ukraine dans l'Union Soviétique en 1922. Les Ukrainiens subissent mais n'adhèrent pas à ce plan. En 1932-33, Staline provoque une faim articielle en Ukraine : tous les produits agricoles sont acheminés à Moscou.  Période terrible appelée le « Holodomor » où cinq millions de personnes meurent de faim.  Aussi quand Hitler envahit l'Union Soviétique, il est d'abord bien accueilli en Ukraine à qui il avait laissé entrevoir une possible autonomie. Mais finalement la décision

d'exterminer tous les Slaves – les Untermenschen – avait prévalu. Leur présence au Ban Saint-Jean répondait à un impératif matériel – besoin de main-d'oeuvre pour faire tourner la machine de guerre -  et à un impératif idéologique : les Untermenschen n'avaient pas le droit à l'existence. En les usant jusqu'à la corde dans les mines de charbon et de fer de la Moselle annexée, Hitler faisait d'une pierre deux coups.

             En Ukraine orientale perdurent les actuels problèmes.

             En quittant notre guide, je lui ai glissé à l'oreille :

« Parlez avec fierté de l'Ukraine ! Elle le mérite ! »

              Elle a acquiescé d'un large sourire...

                                                                           gabriel becker  

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